...Un peu de lumière de la nuit me parvenait par une petite fenêtre de quatre carreaux de verre épais. Elle était trop haute pour que je puisse espérer voir quelque chose de l'extérieur, pas plus que je ne pouvais y hurler un appel à l'aide. Au travers de la porte blindée de ma cellule percée d'un petit oeilleton j'entendais de temps à autre les bruits sourds d'une conversation. Je tendais l'oreille, je voulais des informations, des explications, je cherchais du sens à cette situation nouvelle. J'attendais. Je devenais peu à peu animal, pris au piège, coincé dans ma cage, douloureux et peu à peu dangereux, révolté et puis prêt à me battre avec toutes mes faiblesses.

J'ai fini par m'allonger sur le banc en y cherchant vainement le sommeil. Je me sentais nu, sans mes lacets ni ma ceinture, bien plus que si l'on m'avait arraché tous mes vêtements. J'aurais voulu pleurer, peut-être même appeler ma mère, oui sûrement appeler ma mère à mon aide, je n'avais pas plus de vingt ans et l'on me promettait de passer dix ans de ma vie dans une pièce de onze pas de long et de six pas de large.

Loiez Deniel, Clermont-Ferrand France